Cliquez ici pour
afficher le menu
31 juil 2014
Photos floues, c'est fini ! 1. Le flou de bougé

Même si de nombreux photographes utilisent le flou à des fins artistiques, le flou est le plus souvent vécu comme un "raté" par la plupart des photographes amateurs qui souhaitent enregistrer une image sur laquelle il souhaiteraient que le sujet principal soit net.
 
Essayons de comprendre pourquoi certaines de nos photos sont involontairement floues, ensuite, il vous appartiendra de choisir si un flou volontaire sert votre image.
 
Le flou peut être le résultat de 3 causes :
- le bougé du photographe
- le mouvement du sujet
- la mise au point défaillante
 

Cas n° 1 : le flou de bougé

Ce que l'on appelle flou de bougé est le résultat des petits mouvements (tremblements) du photographe pendant l'exposition de la photo. Nous ne sommes pas tous égaux devant ce phénomène, certains photographes étant très stables et d'autres beaucoup moins.
 
Concrètement, que se passe-t-il ?
Lors de l'exposition, si nous photographions à main levée, nous bougeons très légèrement. Si le temps d'exposition est relativement court (vitesse rapide), cela n'a pas de conséquence. Mais si la vitesse est relativement lente, chaque point lumineux qui entre dans la chambre va venir former sur le capteur non pas un point, mais un trait ou une tache. C'est cela qui donne l'impression de flou plus ou moins prononcée.
 
Que veut dire "relativement long" ou "relativement court" ?
Et bien, cela dépend ! (Je sais, pour l'instant je ne vous aide pas beaucoup...).
Lorsqu'on photographie avec un grand angle, on couvre un angle très ouvert (prenons un angle de 100° pour l'exemple). Lorsqu'on photographie avec un téléobjectif, on couvre un angle beaucoup plus étroit (10° par exemple). Un même déplacement angulaire formera donc un déplacement relatif bien plus important avec un téléobjectif alors que ce même déplacement pourra être négligeable par rapport à l'angle couvert par un grand-angle.
 
Par exemple, si pendant l'exposition je bouge d'1°, cela va représenter 10% de la surface couverte par le télobjectif, c'est considérable et ma photo sera très floue.
En revanche, ce même petit mouvement d'1° représentera 1% de la surface couverte par mon objectif grand-angle. Cela sera à peine visible et ma photo semblera nette.
 
Pour cette raison, on admet qu'il faut prendre beaucoup plus de précautions lorsque la focale utilisée est longue.
 
Comment contrer ce phénomène ?
En utilisant une vitesse d'obturation suffisamment rapide, c'est le seul moyen de faire en sorte que les rayons lumineux n'aient pas le temps de "balyer" le capteur.

Plus la focale utilisée est longue, plus il faudra que cette vitesse d'obturation soit rapide pour éviter le flou.

On a coutume de dire que la vitesse nécessaire est 1/focale.
 

Ainsi, si vous utilisez un objectif de 20 mm, un temps d'exposition de 1/20s vous donnera une photo nette (à condition que le sujet ne bouge pas, mais ce sera le sujet d'un prochain épisode !).
Mais si vous utilisez un objectif de 200 mm, il faudra veiller à ce que la vitesse soit au moins égale à 1/200s.
Si les conditions de lumière ne sont pas bonnes et ne vous permettent pas d'obtenir la vitesse nécessaire, pensez à augmenter la sensibilité iso, c'est à ça que sert cette fonctionnalité.
 

Quelques remarques supplémentaires

  • Cette indication de la vitesse "de sécurité" est valable pour le format 24x36, soit les reflex "plein format". Pour les reflex au format APS-C (plus courants), on multiplie cette vitesse par 1.5

 

  • Certaines optiques ou certains boitiers sont équipés d'un stabilisateur. Ce système permet de descendre à des vitesses 2 ou 3 fois plus basses. Il faut tester ce dispositif car chaque marque propose des performances différentes mais dans tous les cas, c'est un dispositif intéressant. Lorsque vous utilisez de longues focales (300mm par exemple), il vous faudrait normalement une vitesse au moins égale à 1/300s (voire 1/450s avec un boitier APS-C). Une fois le stabilisateur enclenché, vous pouvez obtenir des photos nettes avec une vitesse de l'ordre du 1/100s sans difficulté.

Et pour finir, un peu de bon sens !
Puisque ce flou est causé par vos propres mouvements, il faut veiller à limiter ceux-ci au strict minimum :
- utilisez le viseur et pas l'écran. Une fois le viseur collé à votre oeil, le boitier repose sur votre front (et votre nez), cela stabilise grandement l'appareil. Si vous utilisez l'écran en tenant l'appareil à bout de bras, la stabilité est très médiocre.
- tenez votre optique par en-dessous, le fût du zoom reposant dans le creux de votre main gauche.
- collez votre bras gauche contre votre corps pour obtenir un maximum de stabilité.
- bloquez votre respiration juste avant de déclencher.
- appuyez sur le déclencheur avec autant de douceur que possible, exercez-vous à le faire sans que cela n'occasionne aucun mouvement au boitier.
 
Bons essais et rendez-vous au prochain épisode, le flou dû au mouvement du sujet.

Ajouter un commentaire